Fils du pharaon Khéops, Hordjédef (ou Djédefhor) ne semble pas avoir été pharaon lui-même, bien que son nom soit inscrit à l’intérieur d’un cartouche sur un graffito du Ouadi Hammamat. Une stèle dite fausse porte, conservée au Museum of Fine Arts of Boston montre Hordjédef respirant une fleur de lotus, acte rituel le plus souvent accompli par des prêtresses. Le texte indique : « Que la voix sorte pour lui en toute fête, chaque jour ».
Directeur des scribes, chef des secrets, prophète de Rê, Hordjédef fut, aux yeux des Égyptiens, l’un des personnages majeurs de l’époque des pyramides. Chargé d’inspecter les lieux sacrés de la nécropole de Memphis, il était considéré comme un sage si célèbre que de nombreux dignitaires de la région reprirent son nom.
D’après un conte, Hordjédef joua un rôle essentiel lors de l’édification de la grande pyramide de son père.
Infatigable chercheur qui, en parcourant les temples, dut recueillir plusieurs textes sacrés, il fut également un écrivain, auteur d’un Enseignement, qu’on étudiait encore sous les Ramessides (XXe dynastie) et demeura populaire jusqu’à l’époque romaine. Il n’en subsiste qu’un petit nombre de fragments.
Généalogie
| Père | Khéops | Grands-parents paternels |
| Snéfrou | ||
| Hétep-Hérès Ire | ||
| Mère | Mérititès Ire | Grands-parents maternels |
| Grand-père maternel inconnu | ||
| Grand-mère maternelle inconnue | ||
| Fratrie | Kaouab Ier | |
| Baoufrê | ||
| Khoufoukhaf | ||
| Mérésânkh II | ||
| Khéphren | ||
| Khentetenka | ||
| Djédefrê | ||
| Hétep-Hérès II | ||
| Khâmernebti Ire | ||
| Minkhâf | ||
| Horbaf |
Sépulture
Le double mastaba d’Hordjédef, qu’il devait partager avec son épouse anonyme et qui était situé dans le cimetière est du complexe funéraire de Khéops, derrière le double mastaba de Kaouab Ier. La décoration du tombeau est restée inachevée et a été partiellement détruite à une date inconnue. George Andrew Reisner, qui a fouillé la nécropole de Gizeh entre 1902 et 1939, y a vu la preuve d’une querelle entre les descendants de Khéops après sa mort. Cependant, la finesse de la sculpture des reliefs suggère que le tombeau était destiné à être réaménagé pour accueillir une autre sépulture.
La stèle fausse porte, conservée au musée des beaux-arts de Boston, montre Hordjédef respirant une fleur de lotus, acte rituel le plus souvent accompli par des prêtresses. Le texte indique : « Que la voix sorte pour lui en toute fête, chaque jour ».
Son sarcophage en granit rose se trouve désormais au Musée égyptien du Caire.
Attestations
Attestation contemporaine
Le prince Hordjédef est connu par trois tombes situées dans la nécropole de Gizeh[1] :
- son double-mastaba, situé dans le cimetière est du complexe funéraire de Khéops, derrière le double mastaba de Kaouab Ier et de Hétep-Hérès II[1],
- la tombe de Kha de la VIe dynastie, numérotée G 7211 et située à proximité immédiate de la tombe du prince Hordjédef ; Kha indique d’ailleurs qu’il « vénère Hordjédef » (dwȝ Ḥr-ḏd=f)[2],
- la tombe de Ptahioufni de la VIe dynastie, numérotée G 4941 et située dans le cimetière ouest du complexe funéraire de Khéops ; Ptahioufni se dit « honoré par Hordjédef » (jmȝḫw ḫr Ḥr-ḏd=f)[3].
Les titres d’Hordjédef inscrits dans sa propre tombe :
« Fils du roi de sa chair » (sȝ-nsw.t nj ẖt=f),
« Chef de la chambre » (jmj-jz),
« Chef de tous les travaux du roi » (jmj-r kȝ[.t nb.t n.t nsw.t]),
« Administrateur de la flotte » (ˁḏ-mr wḥˁw),
« Pâtre de Nekhen » (mnjw Nḫn),
« Prince » (ḥȝtj-ˁ),
« Prêtre d’Horus qui est au milieu du Palais-ˁḥ » (ḥm-nṯr Ḥr ḥrj-[jb ˁḥ]),
« Ami unique » (s[mr] wˁ[tj]).
Tradition historique
Hordjédef a la particularité d’avoir été retenu comme roi par certaines traditions ainsi que comme sage de l’Ancien Empire ; on le retrouve ainsi dans les documents suivants :
- le graffito de la liste royale du Ouadi Hammamat ; il s’agit d’un graffito qui date du Moyen Empire et qui mentionne cinq noms inscrits chaucn dans un cartouche ; les noms sont ceux de Khéops, Djédefrê, Khéphren, Hordjédef(rê) et Baefrê[4],
- la liste d’Abousir, datée de l’époque ramesside et dont il ne reste qu’un fragment conservé au Musée égyptien de Berlin (inv. 1116)[5],
- le conte qui est aujourd’hui nommé Les magiciens à la cour du roi Khéops et inscrit sur le papyrus Westcar ; ce conte raconte cinq histoires successives narrées au roi Khéops, dont les quatre premières sont narrées par quatre fils de Khéops : Djédefrê, Khéphren, Baoufrê et Hordjédef,
- l’Instruction d’Hordjédef, qui fait partie du genre des sagesses de l’Égypte antique,
- d’autres textes littéraires, dont le Chant du harpiste aveugle.
Dans la tradition, Hordjédef porte les titres suivants :
- « Fils du roi » (sȝ-nsw.t),
- « Prince » (ḥȝtj-ˁ),
- « Iry-pât » (jrj-pˁt).