Le musée d’Égyptologie de Lille
Article mis en ligne le 2 mars 2012
dernière modification le 6 février 2012

L’histoire de ce fonds commence au début du XXe siècle, avec la création de l’Institut de papyrologie par Pierre Jouguet, agrégé de lettres et ancien de l’École française d’Athènes, nommé Maître de conférences à la Faculté des Lettres de Lille. Un laboratoire de déroulement et une salle de lecture et de collections sont alors aménagés. Le laboratoire, qui recueille le fruit de fouilles dirigées par Pierre Jouguet, acquiert rapidement une réputation internationale et s’impose comme le lieu de formation des premiers « papyrologues » français.

Le fonds Jouguet comprend quantité d’objets d’époque gréco-romaine : des masques de momies et de plastrons en toile stuquée ou en cartonnage, des fragments de papyrus grecs et démotiques, des statuettes, des lampes, des amulettes, des scarabées, une palette en schiste des IVe et IIIe millénaires avant notre ère...

L’arrivée en 1960 de Jean Vercoutter permet à l’Institut d’acquérir de nouveaux objets en provenance des partages officiels, attribués aux fouilleurs par le gouvernement soudanais. Les collections s’enrichissent alors, grâce aux fouilles menées à Aksha, Mirgissa et sur l’île de Saï, de pierres gravées et sculptées de la XIXe dynastie pharaonique, d’objets de tombes remontant aux cultures autochtones soudanaises du IIIe et du IIe millénaire avant notre ère, d’une collection de vases, d’objets du Moyen Empire : armes de silex, masques funéraires peints, empreintes de sceaux, amulettes, bijoux et vases et d’objets du Nouvel Empire égyptien ou de la civilisation soudanaise de Kerma du IIe millénaire avant notre ère notamment.

Les années 1970, elles aussi, apportent à l’Institut son lot d’acquisitions exceptionnelles... Grâce à la générosité d’un mécène privé, l’équipe peut acquérir, en 1975, un papyrus datant du VIe-Ve siècle avant notre ère, mettant en scène un pharaon et un scribe magicien chargé de lui sauver la vie. Il porte depuis le nom de « Papyrus Vandier », en hommage au legs du grand égyptologue et de son épouse de plus de 2500 ouvrages à la bibliothèque de l’Institut. Le second temps fort de ces années 1970 a lieu en 1979, grâce à une subvention de la région Nord – Pas-de-Calais qui permet l’entrée d’un nouveau lot de papyrus démotiques, composé notamment de tissus inscrits, de fragments d’un papyrus astronomique, et d’extraits du célèbre conte mythologique appelé : « Mythe de l’œil du soleil ».

Suivant le même chemin que le Centre de recherche, le musée d’égyptologie rejoint en 1980 le Domaine du Pont de Bois. En 2006, des travaux de modernisation des locaux de l’Université sont engagés ; une convention de dépôt renouvelable est alors signée avec le Palais des Beaux-Arts de Lille pour assurer la conservation des collections.

Statuette de femme, Mirgissa - 13e dynastie

Les collections

Les collections de l’IPEL couvrent plusieurs millénaires, de la préhistoire à l’époque romaine. Elles proviennent de sites du Fayoum en Égypte et des célèbres sites nubiens de Mirgissa, d’Aksha et de l’île de Saï au Soudan. Elles consistent en une grande variété d’objets, des éléments de sarcophage, des masques et cartonnages, des objets de toilette, de la vie quotidienne ou religieux, et de nombreuses céramiques. Contrairement à la majorité des objets de musée dont les provenances sont souvent imprécises, leur contexte archéologique est parfaitement connu ce qui en augmente considérablement l’importance.

La collection compte aussi un fonds important de papyrus inscrits en démotique, en copte et en grec, dont certains sont encore inédits. On mentionnera, par exemple, le papyrus Vandier : en 1975, un mécène permit à l’Institut d’acheter un papyrus hiératique. Le nom de Papyrus Vandier fut donné à ce document, en souvenir du grand égyptologue Jacques Vandier et de son épouse, qui avaient fait don de leur bibliothèque à l’Université de Lille 3. Ce document, daté du VIe-Ve siècle avant notre ère, est l’unique version connue d’un conte égyptien qui raconte l’histoire d’un magicien qui accepte de mourir à la place de Pharaon atteint d’une maladie incurable.

Enfin, au printemps 1979, une subvention octroyée par la région Nord - Pas de Calais permit l’acquisition d’une vingtaine de documents démotiques, parmi lesquels, un fragment de Sagesse et de nouveaux extraits du célèbre conte mythologique dit "Mythe de l’Œil du Soleil".

Depuis le mois d’octobre 2006, les collections ont été déposées au Musée des Beaux-Arts de Lille qui prévoit d’en exposer une partie dans des nouvelles salles consacrées à l’Antiquité.