Abousir
Article mis en ligne le 14 février 2020
dernière modification le 23 janvier 2020

Le site d’Abousir regroupe un certain nombre de monuments qui appartiennent tous à des souverains de la Ve dynastie dont la légende précise qu’ils privilégient le culte solaire. Car non seulement ces rois - Sahourê, Nyouserrê, Neferirkarê et Neferefrê - font construire leur complexe funéraire, mais certains d’entre eux élèvent des sanctuaires solaires, les seuls connus et dont on pense qu’ils évoquaient, en miniature, le grand temple d’Héliopolis, situé non loin de là. Quoique de petites dimensions, les pyramides sont des édifices entièrement faits de pierre bien que les aménagements internes n’aient rien de comparable avec ceux des gigantesques pyramides du plateau de Gîza.

Les temples funéraires, en revanche, témoignent d’une recherche architecturale qui leur fait acquérir en élégance ce qu’ils perdent en monumentalité. Le palmier, symbole solaire, y est maître, de même que dans les structures du temple d’Ounas à Saqqâra. Ainsi, les colonnes sont-elles palmiformes. Les bas-reliefs, découverts au moment des fouilles allemandes, sont les plus exquis qu’il ait été donné de trouver dans les temples funéraires de l’Ancien Empire. Certains temples comme ceux de Neferirkarê-Kakaï et de Neferefrê ont livré leurs archives. Celles-ci permettent de se rendre compte du rythme journalier des prêtres, des tours de garde, des changements de tribus liturgiques - les philès - et même les inventaires d’objets précieux lors de la "remise des clés" d’une équipe à une autre. Quant aux temples solaires, le mieux conservé est celui d’Abou Gorab, qui conserve encore la base de la maçonnerie au-dessus de laquelle s’élevait le benben, pierre en forme d’obélisque trapu rappelant le lieu d’ancrage du soleil.