Oupouaoutemsaf
Article mis en ligne le 30 octobre 2024
dernière modification le 11 octobre 2024

Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf est un roi qui pourrait s’inscrire soit parmi les rois non classés de la XIIIe dynastie, soit dans une éventuelle dynastie locale, baptisée « Dynastie d’Abydos » qui serait parallèle aux XVe et XVIe dynasties. L’existence de cette dynastie dite d’Abydos a d’abord été proposée par Detlef Franke [1] puis développée par l’égyptologue Kim Ryholt en 1997.

Il est mentionné par une stèle à Abydos et par des graffitis hiératiques dans le tombeau du prince Amenemhat à Beni Hassan. Il fait partie des rois non cités par le Canon royal de Turin, lacunaire ou perdu.

Attestations

Stèle d’Oupouaoutemsaf à Abydos
Hieroglyphic texts from Egyptian stelae, &c., in the British Museum, Part IV de Wallis Budge en 1913

La seule attestation contemporaine assurée du règne de Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf est une stèle en calcaire de qualité brute exceptionnelle découverte à Abydos et maintenant au British Museum (EA 969). La stèle montre le roi devant le dieu Oupouaout, Seigneur d’Abydos et est généralement décrite comme de mauvaise facture. La stèle a été produite par un atelier qui a produit d’autres stèles appartenant aux rois Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep et Sekhemrê-Khoutaouy Paentjeny. L’égyptologue Marcel Marée conclut donc que ces trois rois ont régné assez près dans le temps. Il pense que la stèle de Paentjeny a été réalisée par un autre artiste, tandis que les stèles de Râhotep et d’Oupouaoutemsaf ont été sculptées par le même homme.

Une autre attestation possible de ce roi est un graffiti découvert dans la tombe no 2 de Beni Hassan appartenant au nomarque Amenemhat de la XIIe dynastie et situé à environ 250 km au nord d’Abydos, en Moyenne-Égypte. Le graffiti a été provisoirement lu par Jürgen von Beckerath comme Sekhemrê-Neferkhâou" mais cela reste incertain car l’original est maintenant perdu.

Position chronologique

Dans son étude de la Deuxième Période intermédiaire, Kim Ryholt développe l’idée proposée à l’origine par Detlef Franke selon laquelle, à la suite de l’effondrement de la XIIIe dynastie avec la conquête de Memphis par les Hyksôs, un royaume indépendant centré sur Abydos est né en Moyenne-Égypte. La dynastie d’Abydos désigne ainsi un groupe de roitelets locaux régnant pendant une courte période en Moyenne-Égypte. Ryholt note que Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf n’est attesté qu’en Moyenne-Égypte et que son nom comporte la référence théophorique au dieu d’Abydos Oupouaout. Il conclut donc, tout comme Darrell Baker, que ce roi a très probablement régné depuis Abydos et appartient à une dynastie d’Abydos4. Cette conclusion n’est partagée ni par Jürgen von Beckerath, ni par Claude Vandersleyen, qui situent Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf vers la fin de la XIIIe dynastie.

L’égyptologue Marcel Marée rejette également l’hypothèse de Ryholt et soutient plutôt que Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf est un roi de la fin de la XVIe dynastie. En effet, Marée note que l’atelier qui a produit la stèle de Oupouaoutemsaf est également responsable de la production des stèles de Sekhemrê-Khoutaouy Paentjeny et de Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep, cet dernier étant la plus souvent attribué à la fin de la XVIe ou au début de la XVIIe dynastie. Marée conclut donc que Râhotep, Paentjeny et Oupouaoutemsaf ont régné assez très près dans le temps. Ce raisonnement exclut également l’existence d’une dynastie d’Abydos. Julien Siesse rejoint également ce raisonnement et place ces trois rois à la fin de la XVIe dynastie.