Touna el-Gebel correspond à la nécropole d’Hermopolis. Celle-ci est une des plus intéressantes de l’Egypte tardive, car elle est constituée de tombeaux disposés selon un plan orthogonal et ressemblant, individuellement, à de petits temples. Parmi ces tombes, celle de Pétosiris, grand sage hermopolitain, est l’une des plus captivantes, tant pour les textes qu’elle reproduit que pour le style des bas-reliefs. En effet, Pétosiris, procurateur de Thot pour le nome Hermopolite, a fait reproduire sa biographie ainsi que des textes en vertu desquels on s’aperçoit que le propriétaire de la tombe est un traditionaliste endurci. Construite vers 323-317 av. J.-C., sous le règne de Philippe Arrhidée, son décor reflète une influence mixte égyptienne et hellénistique. Sans doute est-il vraisemblable que Pétosiris - qui avait probablement assisté à l’arrivée d’Alexandre - ait montré l’exemple du syncrétisme gréco-égyptien et de la fusion des expressions artistiques.
Trois nécropoles d’animaux sacrés avaient été aménagées en hypogées au sud de Touna el-Gebel. Ces nécropoles ont révélé de nombreuses sépultures de singes et d’ibis ainsi que des ex-voto et de nombreuses archives qui permettent de dater ces hypogées de l’occupation perse (Ve siècle avant J.-C.). Non loin de là, une sakieh (système élévateur d’eau, mu par la traction animale) permettait d’alimenter en eau un parc à animaux sacrés où ceux-ci évoluaient en liberté. Il s’agit des trophéia dont parlent les textes contemporains. Veiller sur ces animaux était à la charge des prêtres ; nul ne devait porter la main sur ces êtres passant pour l’expression animale de la divinité. Ils évoluaient en liberté, sous la sauvegarde des visiteurs, à l’instar des animaux sacrés que l’on entretient encore dans les sanctuaires de l’Inde du Sud.
Touna el-Gebel est également un des points où Aménophis IV-Akhénaton choisit de faire graver dans la paroi une des stèles-frontières qui institue Akhetaton (Tell el-Amarna) région consacrée au Disque.

