Le projet Touchka
Article mis en ligne le 30 janvier 2006
dernière modification le 21 janvier 2006

Il s’agit d’un projet titanesque visant à offrir à l’Egypte
un nouveau Delta au lieu-dit Touchka près du lac Nasser. Une énorme pompe hydraulique déversera l’eau du lac dans le désert pour y créer un delta artificiel qui devrait voir le jour en 2017.

Avec l’arrivée de l’eau dans la région du nouveau delta, situé près de la frontière soudanaise, les autorités égyptiennes éspèrnent non seulement inciter la population à s’installer sur les rives du Nil, mais aussi mettre sur pied une vie économique qui reste totalement à inventer. On prévoit donc la création d’industries agro-alimentaires, la construction d’usines de conditionnement, l’édification d’hopiteaux, d’écoles, de villages.
A l’heure actuelle, le projet Touchka ressemble à une utopie rutilante, un eldorado futuriste qui conjguerait écologie et prospérié économique. Les techniciens égyptiens travaillant au projet sont très confiant dans l’avenir. L’ingénieur en chef du chantier, Mohamed Amin Osman, se déclarant pour sa part certains que « tout le monde voudra venir y vivre », dans une interview donné au quotidien français Libération en novembre 1999.
Aujourd’hui, alors que les bulldozers et les pelleteuses s’ectivent en tout sens, des experts délégués par le ministère de l’Agriculture procèdent aux premiers essais de cultures de céréales, de bananiers, de plantes médicinales et d’agrumes. Les résutats sont très encourageants, les agronomes locaux voient dans le futur delta un laboratoire idéal pour expérimenter la culture biologique à grande échelle.

1 million de mètres cubes/heures d’eau

La construction de la pompe, dont le débit approcherat des 300 m3 /s, n’est que la première étape du chantier. Les 25 millions de m3 pompé par jour dans le lac Nasser se deverseront dans le canal Cheick-Zayed qui, une fois complètement achevé mesurera pas loin de 72 km. On procedera alors au creusement de 4 canaux secondaires présentant un longueur totale de 168 km afin d’irriguer le désert sur une superficie de 225 000 ha.
Lorsque toutes ces terres actuellement stériles auront été immergées et bonnifiées, la surface habitable et cultivable de l’Egypte passera de 5 à 25% du térritoire. C’est dire l’enjeu majeur que représent pour l’Egypte ce projet « pharaonique ».

Le partage des eaux

La pompe aura un débit de 5,5 milliard de mètres cubes d’eau par an, un chiffre considérable qui pose une fois de plus le problème du partage des eaux du Nil entre les divers pays qu’il traverse. Aux terme du traité conclu en 1959 entre le Soudan et l’Egypte, ces derniers peuvent disposer de 55 milliard de mètres cubes par an. Or la ville du Caire à elle seule utilise déjà ce quota, quand elle ne le dépasse pas.
A Addis-Abeba, où l’on envisage la construction d’un barrage sur le Nil bleu, on reste ferme sur ses positions, et tout réajustement à la hausse de cet accord est rejeté.
Désireux de ne pas envenimer la situation délicate de cette région où l’eau est un bien précieux, le gouvernement égyptien déclare vouloir rester « dans les limites du quota fixé ». Afin d’y parvenir, on travaille sur le recyclage des eaux usées, l’amélioration des techniques d’irrigation et surtout la disparition à moyen terme des cultures trop exigentes en eau comme le riz.

Des avis partagés

Tant en Egypte même que dans la communauté internationnale, certains agronomes s’intérrogent quand au bien-fondé d’un chantier aussi long et aussi complexe. Certains auraient préférés le percement d’un canal le long de la côte méditerranéenne à l ‘ouest d’Alexandrie. Pour eux ce site présentai de nombreux atouts : C’est déjà un axe de communication naturel bien peuplé. Il ne nécessitait donc pas la création de nouvelles infrastructures.
_D’autres critiques contestent la légitimité du projet. Il semblerait en effet que contrairement à l’idée répandue, le problème démographique de l’Egypte ait tendance à se reduire. Selon des études récentes, la population du Caire se serait stabilisée autour de 12 millions d’habitants, et l’exode rural vers la capitale serait en nette perte de vitesse.