Le Gebel Barkal joua un rôle capital dans les croyances napatéennes à
cause de son aspect particulier qui frappait l’imaginaire. L’aiguille
rocheuse de 74 m de hauteur qui se détachait du plateau fut en effet
très tôt assimilée à l’uraeus (cobra protecteur) royal coiffé, selon l’angle d’observation, soit de la couronne blanche de Haute-Egypte, soit de la couronne rouge de Basse-Egypte. Un symbole si clair ne pouvant être fortuit, le Gebel Barkal fut considéré comme le lieu
fondateur de l’autorité pharaonique. L’uraeus associait en outre la
montagne au dieu Rê : coiffé du disque solaire, le cobra n’était autre que l’« œil de Rê » (Sekhmet-Hathor, la déesse dangereuse), dont les légendes rapportaient l’exil temporaire en Nubie.
Interprété aussi comme un symbole phallique, le pilier rocheux était
identifié à Amon créateur et à toutes les divinités masculines liées à l’idée de fertilité. Fort de tous ces symboles, comment ne pas onsidérer ce plateau comme sacré ! Les souverains napatéens en
étaient conscients et n’eurent de cesse d’embellir et d’agrandir son sanctuaire.