Bien qu’il apparaisse avec deux prænomen ayant des significations différentes et une variante d’écriture dans le nomen, la théorie selon laquelle il se serait agi de deux souverains différents est désormais abandonnée. Également abandonnée la théorie selon laquelle Ouadjekhâou aurait été identifié à Thoutimaïos (Thoutmôsis ?) sous le gouvernement duquel, selon la version de Manéthon rapportée par Flavius Josèphe dans son Contre Apion, l’Égypte serait tombée sous la domination des Hyksôs :
« …Thoutimaïos. Durant son règne, pour des raisons que j’ignore, la colère du Seigneur s’abattit sur nous. Une obscure race d’envahisseurs soudainement arrivée d’Orient, se mit en marche contre notre pays avec l’assurance de la victoire. Avec leur seule supériorité en nombre et sans coup férir, ils s’emparèrent facilement de nos terres. Et ayant vaincu les résistants du pays, ils brûlèrent impitoyablement notre cité, détruisirent les temples des dieux et déployèrent leur cruauté contre les habitants, massacrant les uns, réduisant à l’esclavage les femmes et les enfants des autres. Finalement ils élurent roi l’un des leurs nommé Salitis. Celui-ci établit sa capitale à Memphis, exigeant tributs de la Haute et Basse Égypte, laissant partout derrière lui des garnisons aux postes les plus favorables… »
En fait, l’unique lien entre Horus Ouadjekhâou et Thoutimaïos de Manéthon est une légère homonymie du nom Dedumos.
Toutefois, même s’il s’agissait de ce souverain, il ne régna que sur la Haute-Égypte qui avait comme capitale Thèbes. Selon Detlef Franke, il serait contemporain de Salitis, le premier roi Hyksôs de la XVe dynastie, qui prend le pouvoir à partir d’Avaris. C’est donc probablement sous le règne de Dedoumesiou que l’Égypte a été attaquée par les Hyksôs.
Selon une théorie de David Rohl, fondée sur ledit papyrus et sujette à controverses, Thoutimaïos, s’il s’agit du même, ferait un candidat à l’identité du pharaon de l’Exode plus crédible que Ramsès II ou son fils Merenptah. Bien qu’il n’existe pas davantage de preuves archéologiques ou documentaires pour étayer ces propos, le règne de Thoutimaïos se termine dans le chaos et un désastre pour l’Égypte, alors que celui des précédents fut long, stable et n’aurait apparemment pas été marqué par des plaies ni par des révoltes massives d’esclaves.
Références
- David M. Rohl, Pharaohs and Kings, New York, 1995 (ISBN 978-0-609-80130-7).