Noubkheperrê Antef
Article mis en ligne le 4 novembre 2020
dernière modification le 30 octobre 2020

Noubkheperrê Antef pourrait bien être le fondateur de la XVIIe dynastie. Certains spécialistes le placent dans la XIIIe dynastie. Si l’on trouve les mêmes numéros pour tous les Antef (de I à VIII), en revanche, en fonction des égyptologues, leur nom de roi (nom de Nesout-bity) pour un même numéro est décalé.

Noubkheperrê Antef est roi de Thèbes. Manéthon l’appelle Antef.

Il gagne l’allégeance de la province de Thèbes et constitue, avec Coptos et Abydos, une union assez puissante pour tenir en respect le pouvoir Hyksôs. En l’an III de son règne, Antef renvoie Téti, un haut responsable du temple de Coptos, qui était coupable d’avoir favorisé les ennemis.

Règne

Noubkheperrê Antef est l’un des rois les plus attestés de cette dynastie. Il a restauré de nombreux temples endommagés en Haute-Égypte et lance la construction d’un nouveau temple au Gebel Antef.

On situe son règne [1] aux alentours de -1625 à -1622.

Contemporain du pharaon HyksôsApophis Ier, il semble d’abord avoir eu des rapports fructueux avec lui. Thèbes est encore en paix avec les Hyksôs, et les échanges sont nombreux entre les deux royaumes. L’hypothèse d’une allégeance de Thèbes au royaume du nord n’est d’ailleurs pas à écarter, l’influence d’Apophis (qui porte le titre de roi de Haute et de Basse-Égypte) étant attesté jusqu’à Gebelein. Apophis a de plus marié sa fille Hérit, dans la famille royale thébaine [2].

Noubkheperrê Antef est le premier dont l’activité guerrière et organisatrice est attestée. Il construit en plusieurs endroits et prend, en l’an 3 de son règne, un édit concernant le temple de Min à Coptos qui témoigne du caractère autoritaire du pouvoir thébain [3]. Il s’agit en tout cas d’un témoignage de l’influence grandissante du royaume thébain dans la région.

C’est en tout cas à la suite de son règne, sous ses successeurs Sénakhtenrê Ahmosé, Séqénenrê Taâ et Kamosis, que commencera la lutte ouverte qui aboutira à la victoire contre les Hyksôs et à l’avènement du Nouvel Empire.

Ainsi l’emplacement de son tombeau, à Dra Abou el-Naga, au nord de ceux de ses prédécesseurs, semble indiquer qu’il inaugure une nouvelle lignée de souverains puissants et ambitieux qui y édifient également leur propres sépultures. Signe des temps, Antef est enterré avec des armes (arc et flèches).

Il épouse Sobekemsaf, qui est une descendante d’une puissante famille de gouverneurs d’Edfou. Cette famille était elle aussi liée par mariage aux rois de la XIIIe dynastie. Son fils (présumé) Rahotep lui succède.

Sépulture

Son tombeau a été découvert en 1827 par des pilleurs de tombe qui en dispersèrent les objets de valeurs dont certains ont pu être récupérés par les grands musées européens.

Son sarcophage en bois doré de style richi est actuellement exposé au British Museum, tandis qu’un diadème en argent et en or est conservé au Rijksmuseum van Oudheden de Leyde.

Un pyramidion à son nom a également été découvert sur le site et est exposé au musée égyptien du Caire.