Les pyramides auraient été construites le long d’un bras du Nil
Article mis en ligne le 22 avril 2026
dernière modification le 31 mars 2026

La découverte d’un bras du Nil aujourd’hui disparu apporte un éclairage nouveau sur la construction des pyramides

Le cours de l’ancien bras du Nil

Aujourd’hui les pyramides d’Egypte se situent aux portes du désert à des kilomètres du Nilactuel. Mais une équipe de chercheurs américano-égyptienne est parvenue, grâce à des images satellites radar et à des analyses sédimentaires, à reconstituer le tracé d’une ancienne ramification du fleuve égyptien. Il y a 5 000 ans, cette branche secondaire du Nil s’écoulait parallèlement au fleuve principal, à quelques kilomètres plus à l’ouest. Elle faisait entre 200 et 700 mètres de large et jusqu’à 8 mètres de profondeur. Et surprise : 31 pyramides édifiées entre 2 700 et 1 700 avant notre ère, du plateau de Gizeh à Licht, se trouvent sur la rive de ce bras du Nil éteint que les chercheurs ont baptisé : « bras Ahramat », « bras des pyramides » en arabe.

Les scientifiques sont convaincus que cette voie fluviale a joué un rôle déterminant lors de la construction des pyramides. Il s’agissait d’une voie navigable qui permettait de transporter ouvriers et matériaux. Les auteurs de l’étude notent que, des pyramides de Gizeh partent des chaussées qui mènent à des temples construits en contrebas. Ces édifices devaient se trouver sur la rive de l’ancien bras du Nil et faire aussi office de port fluvial. Cette découverte pourrait en amener d’autres. Les chercheurs pensent que des sites antiques enfouis restent à découvrir le long de cet ancien bras du Nil.

Comment des bâtisseurs du IIIe millénaire avant notre ère ont-ils pu atteindre une telle rigueur, sans GPS ni instruments modernes ? L’ingénieur et archéologue Glen Dash a mené l’enquête. Sa théorie repose sur une technique appelée Indian circle method : les constructeurs auraient utilisé une tige de bois – un gnomon – pour suivre l’ombre du soleil durant toute une journée lors de l’équinoxe d’automne, traçant ainsi des lignes orientées Est-Ouest avec une grande précision.

Glen Dash a lui-même réalisé l’expérience le 22 septembre 2016, lors de l’équinoxe d’automne. La marge d’erreur obtenue coïncide parfaitement avec la légère déviation constatée sur les trois pyramides de référence. Pour trouver la date de l’équinoxe, les Égyptiens auraient simplement compté 91 jours après le solstice d’été, premier jour de leur calendrier.

Aucun document d’ingénierie ou d’architecture de l’époque n’a été retrouvé pour confirmer la technique utilisée. Les Égyptiens nous ont laissé très peu d’indices directs. Ce qui rend ces découvertes d’autant plus fascinantes : derrière les pyramides se cache non pas un miracle, mais une intelligence pratique, adaptée aux ressources de son temps – un fleuve, une tige de bois, et l’ombre du soleil.

Pour en savoir plus l’étude scientifique