Quand Psousennès Ier, le dernier pharaon de la XXIem dynastie tanite, meurt, c’est un Libyen qui s’empare du pouvoir. Ceux-ci se sont installés dans le delta comme mercenaires et se sont peu à peu égyptianisé. Ils représentent un immense pouvoir dans l’armée égyptienne. Le nouveau souverain, Sheshonq était déjà le maître d’Héracleopolis et contrôlait la région de Bubastis au Fayoum. Il était aussi le général en chef de Psousennès Ier dont il avait épousé la fille, Maâtkarê. C’est donc un homme fort qui prend la succession du vieux souverain. Pour asseoir sa légitimité, outre le fait d’être l’époux d’une princesse de sang royal, il adopte une titulature qui le relie à la dynastie précédente. Ce grand chef "des Mâ" (les mashouash) s’empresse de nommer son fils Ioupout grand prêtre d’Amon et général en chef de ses armées. Il installa la capitale et le pouvoir central à Bubastis et parvint à rassembler autour de lui les différends maître des grandes cités du delta, tous d’origine Libyenne comme lui. Les Egyptiens ont semble-t-il mal supporté cette usurpation et la plupart des prêtres de Karnak s’enfuirent vers le sud et la Nubie.
Les pillages de Jérusalem
Sheshonq s’attacha à redonner à l’Egypte sa grandeur passée. Militaire dans l’âme, il privilégie l’action militaire, ignorant les exactions de ses soldats et les revendications du peuple irrité par des impôts trop lourds.
Vers 925 avant J.C., après avoir renoué des contacts commerciaux avec Byblos qui lui sert de base arrière, il entreprend une campagne en Palestine. Profitant des querelles de succession entre Jéroboam et Roboam qui se dispute le trône de Salomon en Israël, il lance ses troupes à l’assaut de Jérusalem dont il pile le temple. L’Egypte retrouve ses anciennes frontières et les prises de guerre emplissent les caisses des temples de trésor fabuleux.
Comme ses prédécesseurs, il entreprend de grand travaux dans le temple de Karnak supervisé par son fils Ioupout. Il fait aménagé en avant du deuxième pylône une cour des fêtes à péristyle appelé portique des Bubastides. Il fait ensuite représenter sa victoire sur les tribus de Juda et d’Israël sur le mur extérieur du portail sud.