Les activités qui se déroulaient sur la rive gauche de Thèbes, celle du couchant, étaient toutes liées à la nécropole. Les embaumeurs, les maçons, les charpentiers y avaient leurs ateliers. On y voyait passer les pleureuses, et les processions funéraires.
Plusieurs centaines de tombes privées, celle de fonctionnaires, ministres, dignitaires du Nouvel-Empire se répartissent sur les différentes collines qui constituent la grande nécropole des nobles, du sud au nord, Gournet Mourrai (au nord de Medinet Habou), Cheikh Abd el Gournah (à l’ouest du Ramesseum) Khokhah et l’Assassif entre la vallée et Deir el-Bahari.
D’une manière générale on arrivait à une cour sur laquelle pouvait donner une ou plusieurs tombes. celles-ci possédaient une façade parfois décorée de décrochements devant laquelle se dressait une stèle. La tombe comprenait une partie de surface ou chapelle (certaines tombes ramessides seront surmontée d’une petite pyramide). Dans l’axe de la façade s’ouvrait une porte qui donnait accès à une première salle décorée de scènes religieuses ou faisant allusion à la vie terrestre. Il s’agit de scènes de banquet, de tableaux de la vie des champs, de scènes de chasse ou de pêche, d’allusions à la fonction du défunt. La seconde pièce de la tombe faisait allusion aux funérailles et au culte funéraire (procession du mobilier funéraire, lamentations, pèlerinage à Abydos, accueil des divinités dans l’au-delà). Le défunt et son épouse y étaient souvent représentés dans un niche axiale sous la forme de statues. La partie souterraine de la tombe comprenait un puits ou descenderie qui menait au caveau. Ces tombes étaient de lieux de pèlerinage pour les familles qui s’y rendaient notamment à l’occasion des grandes fêtes. Il ne faut pas imaginer la nécropole comme un espace désert mais au contraire comme un partie de l’ancienne Thèbes qui avait une activité propre non négligeable, bien que cette rive ne soit pas habitée par les thébains et qu’aucun quartier de la ville n’y ait été construit. Les dimensions et la qualité de la décoration des tombes varie en fonction de la richesse et du statut social du défunt, Les scènes représentées permettent de restituer l’aspect des funérailles d’un noble thébain, à la XVIIIèmme dynaste ou à l’époque ramesside. Devant la façade de la tombe une groupe de pleureuses accroupies se lamentent les cheveux épars, levant les bras, poussant des cris, se jetant la poussière du sol sur la tête. Le sarcophage amené sur un traîneau surmonté d’un baldaquin a été redressé devant la porte et un prêtre accomplit devant lui le rituel de "l’ouverture de la bouche" qui va redonner au mort ses facultés vitales. On va sacrifier un jeune taureau. Une longue procession amène un riche mobilier funéraire. Un repas funéraire réunira les participants avant que la momie soit descendue dans son caveau.

Dans le secteur de l’Assasif ont été réalisées plusieurs très vastes tombes datant des XXVèmes et XXVIèmes dynasties. La plus grande, celle de Montouemhat en offre le modèle le plus prestigieux. Elle possédait un pylône d’entrée en brique crue comprenant une porte centrale surmontée d’un arc. On descendait par un couloir vers une antichambre pour déboucher ensuite dans deux grandes cours successives à ciel ouvert aux façades découpées dans le roc, très bien proportionnées et décorées de motifs très finement taillés. Une porte donnait accès à un ensemble de pièces souterraines important. Tout traduit ici l’importance du statut de personnage pratiquement indépendant en cette période où plusieurs prétendants revendiquaient le trône d’Egypte. Il portait le titre de "prince de la ville de Thèbes"et était très riche. Les reliefs des tombes de cette période sont très particuliers. Ils s’inspirent fortement du style des reliefs de l’Ancien-Empire.