Abou Ghorab (ou Abou Gourab, Abou Gorâb, Abu Gorab) est un site de Basse-Égypte, au sud-ouest du Caire, sur la rive ouest du Nil à la lisière du désert occidental, situé au nord d’Abousir et faisant partie de la vaste nécropole memphite où les rois de la Ve dynastie se firent bâtir des temples solaires.
Les pharaons de la Ve dynastie, à l’exception des deux derniers, Issesi et Ounas, traduisirent leur préférence pour le dieu solaire Rê, d’Héliopolis, en faisant ériger des temples à sa gloire. Si six sont répertoriés dans les textes, deux d’entre eux ont pu être localisés par leurs vestiges. Le temple solaire bâti par Neouserrê à Abou Gourab est un exemple exceptionnel de ce type de construction. Il était composé d’un temple de la Vallée, d’une chaussée et du temple supérieur. L’élément principal de ce dernier était une grande cour découverte avec un autel et un obélisque en maçonnerie, dans l’axe de la rampe-chaussée. La cour comprenait encore une chapelle, avec une "salle des saisons", des magasins et des abattoirs rituels.
Il fut découvert et étudié par les égyptologues von Bissing et Ludwig Borchardt à la fin du XIXe siècle. Son nom était celui qui réjouit le cœur de Rê.
Le sanctuaire fut construit sur un terrain surplombant de seize mètres la vallée, terrain qui fut élargi vers le nord et l’est afin de supporter l’ensemble de l’édifice. Le temple est enclos dans une vaste enceinte pourvue d’une porte monumentale à l’est et relié à la vallée par une chaussée couverte partant d’un temple d’accueil, autrefois environné d’édifices et d’habitations. La surface ainsi définie par le mur d’enceinte rectangulaire (110 x 80 m) était pavée et comprenait des magasins appuyés à la muraille nord, des constructions qui pourraient avoir été des abattoirs, ainsi qu’un autel monumental en albâtre orientés sur les quatre points cardinaux sur lequel étaient offerts à Rê des offrandes quotidiennes.
Derrière l’autel s’élevait un haut socle pyramidal de vingt mètres de haut, construit en pierres de granit et sur lequel se dressait un obélisque de trente-six mètres de hauteur édifié en pierre calcaire. Il ne subsiste aujourd’hui que la base du socle. Un escalier interne permettait d’accéder à la terrasse du socle située à vingt mètres de la base.
L’accès à cet escalier se faisait par une salle baptisée la salle des saisons en raison des magnifiques scènes représentant la vie du pays et la campagne égyptienne qui y furent découvertes. La majorité de ces fragments uniques en leurs genres furent emmenés en Allemagne et malheureusement la plupart furent détruits à la fin de la Seconde Guerre mondiale lors du siège de Berlin.
Hors de l’enceinte, du côté sud, fut découvert une barque solaire en briques dont la longueur était de trente mètres. Elle est disposée dans une large fosse.